Encore un film à multiples lectures. Le thème de base est la vie dans une petite ville comme Chandler au Québec avec un moulin à papier, des hivers sans fin et une communauté locale tricotée serrée. Une lecture plus approfondie nous amène à questionner les motivations et l'intériorité des personnages du film. Le vendeur doit avoir une certaine foi que quelque chose de bon arrivera demain ce qui l'éloigne du canyon du pessimisme, du négativisme, de la dépression ou de l'apathie, canyon spirituel dans lequel nous semblons séjourner depuis quelques 3 ans, avec toutes les mauvaises nouvelles économiques qui nous sont servis quotidiennement. C'est rafraîchissant donc de voir enfin un film qui reconnait l'état de crise en région. Ce manque de déni en lui-même est la première étape dans un profond questionnement existentiel, d'une redéfinition du rôle des régions menant inévitablement à leur renaissance éventuelle quelques années plus tard. Le film nous montre aussi que le vent souffle des fois très fort, que pour certaines personnes, le temps semble s'arrêter soudain, que la vie est souvent difficile mais que étrangement les gens lucides savent vivre, aimer et s'adapter malgré cela. Les autres meurent car le système économique féroce élimine les petits, les inefficients, les peu créatifs, les inadaptés et les découragés et les remplace part autre chose de nouveau ou de mieux. C'est donc un film qui invite au questionnement sur notre propre existence et le rôle que nous y jouons. Toutefois, un peu fatiguant toutefois c'est du déjà Vu, un peu "le Death of a Salesman", version québecoise 20 ans plus tard. Donc pas un nouveau sujet, juste un point de mire "Made in Quebec."
| 9/10 | ewert-andre@ - 66 critiques 25.12.2011 - âge: 50+ - 2 réponses |
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